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  • : De Québec à Mexico à pied...
  • : "American way for live" de Québec à Mexico est une marche pour la vie et une route d'évangélisation, une réponse à l'appel de Jean-Paul II aux jeunes. J'ai pèleriné vers la Vierge de Guadalupe qui est l'étoile de l'évangélisation et la patronne des enfants à naître. Je suis partie dans l'octave de la Pentecôte, le 27 mai 2010 et arrivée le 14 janvier 2011.
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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 03:26

Bonjour à tous !

 

Après avoir quitté San Christóbal de las Casas, je suis partie, le 27 janvier, encore un peu plus vers le sud pour voir les lacs de Montebello, vantés pour leurs couleurs... par beau temps ! Ils sont censés être, eux aussi de toutes les couleurs, notamment, vert et bleu... Mais par mauvais temps, ils seront de la couleur du ciel... Peu importe, je suis heureuse de trouver un peu de pluie, après avoir tant subi le soleil mexicain. La forêt est de type sub-tropicale et je découvre les plantes parasites qui s'accrochent à tous les arbres... Pour l'heure, je déniche ces jolies petites cabanes fort accueillantes, louées pour un prix modique... Enfin loin de l'agitation insupportable de ce pays pénible, je peux enfin entendre le bruit du vent  et de la pluie au fin fond de la forêt... Un vrai bonheur de goumière !!

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Pour se sustenter, il n'y a dans ce coin perdu que quelques barraquements branlants. Gorditas de frijoles au queso... tacos à la fleur de qualabasa... Bref Amparo et deux de ses 6 filles, María del Rosario et María-Antonia sont à mes petits soins. Ça sent le feu de bois, ça suffit pour être heureux !! Elle m'invitent à dormir demain soir chez elles !!

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Nous nous rendons, le soir, au village d'Antela, le nez au vent, à l'arrière du truck qui fend une bruine persistante. La famille est vraiment pauvre et vit dans ce petit village perdu au milieu de la forêt... des bananiers et des caféiers par milliers. Ils vivent dans des cabanes en bois vétustes et humides. Le foyer que vous voyez sur la photo ci-dessous sert de table !! Ce soir, nous mangerons des bananes chaudes, un peu de bouillie de riz et... voilà.

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Du café.

 

Le lendemain, tôt, en ce 29 janvier, je regagne Comitán pour faire un petit tour si tentant vers la frontière toute proche du Guatemala. Mais je ne me contenterai pas de m'approcher de ce pays. J'ai prévu depuis longtemps d'y faire une virée. Le visa en poche, Tobie me déniche un coin pour changer quelques pesos en Quetzals à un taux fort intéressant et m'aide à comprendre à quel moment je dois revenir au Mexique pour éviter de payer 36 fois les taxes douanières. Ne connaît-il pas tous les chemins du monde comme le souligne le Livre de Tobie ? Bref, une fois les soucis frontaliers réglés en deux coups de cuillère à pot, nous voilà plongés tous les deux dans un monde radicalement opposé au Mexique.

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Ici, au Guatemala, dès les premières minutes, c'est le coup de foudre. Tout de suite, le courant passe. Et Tobie volette d'impatience à l'idée de trouver ici de magnifiques plumes d'Indiens pour recolorer ses ailes ternies par le soleil brûlant de notre long voyage... (Désolée, je n'ai pas de photos !!! Il est timide, mais vous me croyez sur parole, n'est-ce pas ?)

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Les bus ici sont à eux seuls un poème où vrombissement rime avec fumée noire, où klaxon tonitruant rime avec musique à fond. Le Mexique est calme et apathique à côté ! Ici, c'est complètement survolté. Il faut être ultra-rapide. Mais c'est super bien organisé et vraiment efficace. Chaque bus a son crieur qui hurle à qui mieux mieux la destination de son bus. Ainsi, dès que vous descendez d'un premier bus pour changer, le crieur vient illico presto à votre rencontre, vous demande où vous allez (souvent il l'a deviné depuis déjà longtemps), vous indique votre nouveau bus, tout en se chargeant courtoisement de votre bardas. Et pendant tout ce temps, il a déjà grimpé avec l'agilité des meilleurs athlètes de cirque sur le toit du bus, pour y ficeller des montagnes d'oranges, des paniers de toutes sortes et votre bardas en question. Et il n'a pas encore tout à fait fini que ledit bus a déjà démarré au quart de tour, valdinguant dans les virages permanents d'une route qui n'a rien à envier aux pistes himalayiennes. Puis notre crieur qui est rentré dans le bus par l'arrière, sans qu'une seule papaye fixée sur le toit n'ait eu le temps de prendre la tangente, recommence à hurler la destination de notre bolide tout au long de la route. Et moi, ébahie, tassée comme une sardine contre ces Guatémaltèques qui chantent ou prient dans le bus, je m'émerveille du paysage somptueux, de ce coucher de soleil de toutes les couleurs dans les nuages qui s'effilochent aux pentes parfaitement coniques de ces volcans en pleine activité. Moi qui croyais avoir tout vu avec les bus maltais ! Ce premier bain en terre guatémaltèque sera... époustouflant !!

Des gens super gentils, souriants, pas du tout complexés, serviables, causants. Je comprends assez vite, que Tobie m'entraîne par là pour une véritable leçon de vie !!! Ici la Vie explose. L'avortement n'est pas légal d'après ce qu'on m'a dit. Cette région est ultra peuplée. Le pays est purement et simplement splendide, la nature magnifique et généreuse. Les Guatémaltèques sont laborieux : chaque mètre carré de leurs montagnes vertigineuses est cultivé avec soin et amour, ce qui ajoute au paysage un cachet attendrissant. A chaque virage, j'ai le souffle coupé, ébahie. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Les femmes sont presque toutes encore en costume traditionnel, le Huipil tout brodé. Elles ont souvent deux longues tresses noires reliées entre elles par un ruban coloré. Spontanément, ayant repéré que je ne suis pas vraiment du coin, des gens m'expliquent mon chemin, me donnent le nom de tel volcan ou simplement s'offrent un brin de causette avec la seule étrangère du bus... Alors pour rien au monde, je ne regrette mon escapade.

Mon temps est limité et c'est bien dommage. Il y a tant à voir ici. J'irai d'abord à Antigua, ancienne capitale fondée par les Espagnols. Mais suite à de nombreuses destructions essentiellement liées aux explosions volcaniques et autres tremblements de terre, la capitale a déménagé plus loin. Mais Antigua vit toujours : une ville splendide qui s'anime autour de ruines, certes, mais qui a développé un artisanat de qualité qui vraiment m'épate !!! Outre du café (excellent) et du chocolat (succulent), on trouve des étoffes magnifiques, de la bijouterie autour de la jade, de la céramique fine...

Ci-dessous, messe dominicale du 30 janvier retransmise à la télévision,  à Antigua : tout un orchestre de jeunes anime.

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Costume traditionnel splendide des femmes guatémaltèques :

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Cathédrale d'Antigua :

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Le dimanche soir je veux me rendre à Panajachel, un village qui borde le Lac Atitlan, vanté par le Routard pour être le plus beau lac du monde. Mais assez tôt, vers 19-20 h 00, il n'y a presque plus de bus. Mais on ne va pas m'abandonner comme ça ici au Guatémala. Des passagers me conseillent de me rendre à Tecpan puisqu'il y a encore un bus qui y va et de finir la route demain matin. On me conduit à un hôtel fort sympathique...

Le lendemain, 31 janvier, je reprends un bus pour Panajachel où j'arriverai 2 h après, en m'apercevant que mon guide du Routard a disparu. Catastrophe, non seulement ce guide m'a été prêté par une soeur de la Communauté St Jean de México, mais j'avais glissé dedans aussi quelques papiers super importants... Vous savez, ces papiers tout pourris et déchirés qui n'ont ni queue ni tête, mais sur lesquels on griffonne les infos les plus importantes du monde... La cata !! Je suis quasiment sûre de l'avoir oublié à l'hôtel ou alors, cata totale, dans le taxi. Mais coûte que coûte, il faut le retrouver !!!

A l'office de tourisme de Panajachel, on m'offre de téléphoner à l'hôtel :

ils n'ont rien trouvé !

La Cata !!

Je ne démissionne pas et retourne sur place. Rien effectivement dans ma chambre. Le petit jeune de l'hôtel est tout désolé et ne m'abandonne pas comme ça ! Comment retrouver le bon taxi où mon Routard doit peut-être encore traîner ? Ici, les taxis sont des petits tricycles comme ceux-ci :

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A Tecpán, il y a des dizaines, voire des centaines de petits taxis comme ceux-là !! Tous rouges ! Sauf trois qui sont jaunes !! Comment voulez-vous retrouver un Routard là-dedans ? Avec mon petit jeune de l'hôtel, nous arrêtons un taxi au hasard. Je lui dis que mon Routard est dans un taxi jaune, qui, de plus, présentait la caractéristique sublime d'avoir sa roue de devant complètement de traviole !! Tout de suite, alors, il téléphone au conducteur dudit taxi qui nous attend avec mon Routard et tous mes petits bouts de papiers !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Vive les taxi guatémaltèques, je les aurais embrassés comme du bon pain !!!

Retour à Panajachel où décidément je ne me ruine pas, la nuit est à 5 euros, dans un petit hôtel tout mimi tout plein !

Et voilà donc le Lac Atitlán, effectivement le plus beau que j'aie jamais vu.

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Il est dominé par trois volcans actifs, mais dont l'ascension est autorisée, et bordé par de magnifiques montagnes.

Je longe, en me promenant, la rivière qui se jette dans le lac. Des maisons écroulées et des ponts effondrés, des dizaines d'hommes qui travaillent dans le lit de la rivière pour extraire sables et graviers...

- Que s'est-il donc passé ici ? demandai-je.

- C'est la tornade Agatha qui est passée en août dernier...

Où étais-je en août dernier ? C'est déjà si loin...

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L'artisanat d'ici est toujours très joli, mais bien moins cher qu'à Antigua. J'en profite pour quelques emplettes tout en apprenant à négocier ferme, comme on fait ici. Je déteste ça. Mais bon, il paraît que c'est un jeu, alors...

Dans tous les bus vous trouvez des petits vendeurs de tout, des crayons, des CD de musique, des papayes ou des mangues en sac...

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Le mardi 1er février, je quitte, le coeur serré, ce petit coin de paradis pour passer en soirée la frontière mexicaine. Mais je prends un autre chemin plus à l'ouest. Nous traverserons alors encore des montagnes vertigineuses toutes cultivées puis, plus près du Pacifique, place à une véritable forêt de bananiers, puis voici les caféiers, puis un bout de jungle avec les fougères arboressantes, etc... Je me régale.

A la tombée de la nuit, nous sommes à la frontière qui se traverse à pied. Ma dernière rencontre en terre Guatémaltèque sera à l'image de tout le pays : Felicidad, une jeune femme souriante, qui rêve à l'évocation de la France et de mon voyage et m'accompagne à pied jusqu'au "bureau" des changeurs (une simple table sur le trottoir), me serre dans ses bras avant que je disparaisse chez les Mexicains.

Le Guatemala m'a vraiment étonnée et me donne, quand je le quitte, un petit parfum de "reviens-y"... Cependant, rien n'est tout rose nulle part, ici non plus : des amoncellements de détritus aussi, de la violence aussi, de la pauvreté aussi, de l'analphabétisme affligeant, un catholicisme encore fortement teinté d'animisme, etc, etc,...

 

Bref me revoilà au Mexique, mais en remontant vers le nord, les contrôles douaniers tout au long de la route, y compris jusqu'à México, seront fréquents et l'armée fouille régulièrement tous les bagages pour traquer la drogue... A chaque fois, il faut refaire le sac...

Peu m'importe, je voulais voir le Pacifique avant de rentrer en France... Alors je m'arrête vers Tonalá pour me rendre à la plage de Puerto Arista.

Le sable est noir et absolument brûlant. La chaleur est écrasante. La température de l'océan est idéale. Des pélicans. Des cocotiers. La baignade sera musclée, à l'image de ce Pacifique qui jette sur le sable des vagues en rouleaux aux remoux vigoureux...

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Je suis maintenant rentrée à México qui, ultime affront, me retient encore prisonnière 24 h de plus que prévu : mon billet d'avion du 6 février pour Québec a été annulé !! Je rentre donc le 7 aux Pays des neiges... Ce qui me laissera encore un peu de temps pour retourner à la Basilique, pour rendre grâce pour ce pèlerinage et pour mon Tobie, pour prier pour vous, pour que l'Évangile de la Vie soit lu et appliqué...

Je n'ai pas toujours été tendre avec le Mexique, je reconnais. Lui non plus pour moi. Mais je grave au plus profond de mon coeur les merveilles que j'y ai trouvées, notamment toutes ces personnes qui m'ont accueillies. Deux d'entre elles m'ont envoyé régulièrement des petits textos pour me demander si tout allait toujours bien et où j'en étais de mon pèlerinage...

Mais en quittant, après-demain, cette terre visitée par ND de Guadalupe, j'emporte dans mon coeur Imireya Lozano, les pères et frères de la Communauté Saint Jean de Monterrey et de México, le Père Rutilio Cirredondo Buenrosto de San Luis Potosí et sa secrétaire Elisa, Louisa Davila de Villa d'Arriaga qui m'a ouvert sa maison, Raymundo et son hôtel, Le Père Juan-Manuel et Saulo, le séminariste, qui m'ont tant donné à Cuarenta, la famille Gutierrez Rodriguez de la station service avant Lagos de Moreno, les deux séminiaristes de Tlacuitapan, José-Guadalupe et César Osualdo, la secrétaire Monica qui m'a souvent téléphoné, et bien sûr, le père Jesús, le Père Ignacio Dorantes de Jesús del Monte dans la région de León, les Soeurs du Bon Pasteur de Guanajuato, la famille de Verónica Rodriguez à Dolores Hidalgo, Soeur Lucía d'Atotonilco, bien sûr Maria-Elena de San Miguel Allende ainsi que l'auberge de jeunesse où j'ai soigné mes tripes en dérangement..., Delfina et Rogelio qui m'ont accueillie pour le 31 décembre, Lorena Mendoza qui m'a guidée dans Querétaro, Alberto et Rosa et leur somptueux hôtel de Tequisquiapan, Arturo et Virginia qui se sont un peu serrés pour me faire de la place... et aussi la famille d'Amparo et ses six filles dans leur village pluvieux du sud du Chiapas, une pensée plus que reconnaissante à toutes ces personnes au grand Coeur !!!

Prochain article : depuis le Québec !

A bientôt, toujours unis dans le Coeur Immaculé de la Vierge de Guadalupe,

Anne-Marie

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Anne-Marie MICHEL Anne-Marie - dans Guatemala