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  • : De Québec à Mexico à pied...
  • : "American way for live" de Québec à Mexico est une marche pour la vie et une route d'évangélisation, une réponse à l'appel de Jean-Paul II aux jeunes. J'ai pèleriné vers la Vierge de Guadalupe qui est l'étoile de l'évangélisation et la patronne des enfants à naître. Je suis partie dans l'octave de la Pentecôte, le 27 mai 2010 et arrivée le 14 janvier 2011.
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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 19:14

Bonjour à tous ! Feliz Navidad y Feliz Año Nuevo !

 

Vous ayant quittés la dernière fois sur quelques clichés de la belle San Miguel Allende, je ne résiste pas au plaisir de vous en partager quelques autres : il est bon de profiter des quelques oasis de beauté du monde :
Dans l'église des Franciscains :

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En flânant en ville :

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Ces quatre dernières photos sont des entrées d'hôtels ou de restaurants...
Ci-dessous, San Miguel Allende, vue de la route de Queretaro.

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Le lundi 27 décembre, sac au dos et gros godillos, je pars en direction de Queretaro par les chemins de montagne pour gagner, le soir, un village passablement paumé : Jalpa. Comme souvent, le lundi est le jour de repos du clergé et notre curé est absent aujourd'hui. Il est en famille ! Mais des gens croisés au detour des ruelles poussiéreuses, où cohabitent chiens errant et hurlant, poules caquetant et cochons grognant, m'ouvriront la sacristie pour y passer la nuit... Mes goûts de sybarite me font préférer m'installer sur les prie-dieu, plus moelleux que le froid carrelage...

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Mais une gastro (sévissant depuis le soir de Noël) ne m'en fera profiter qu'une infime partie de la nuit ! Vidée par les deux bouts et épuisée, je décide, le lendemain, de retourner à San Miguel pour m'y reposer et me soigner...
Ce n'est que le vendredi suivant, le 31, que rebelote, je regagne Jalpa pour poursuivre, cette fois, vers Santa Rosa, juste au nord de Queretaro. Le chemin se perd au milieu de nulle part. Pour m'en sortir, je trace un azimut à la boussole. Je n'ose pas demander l'hospitalité à la paroisse, en ce soir du 31, et encore moins aux gens, ce que, d'ailleurs, je n'ai jamais fait au Mexique (uniquement les paroisses ou l'hôtel). Malheureusement, point d'hôtel à Santa Rosa. Un taxi m'emmène à l'hôtel le plus proche, mais il est à 1800 pesos (plus de 110 euros). Or, la plupart des chambres, au Mexique, sont entre 200 et 500 pesos... Demi-tour pour, finalement quand même, trouver la porte du presbytère ouverte. Ma crédentiale sera le bon sésame et le curé m'enverra vers la famille de Delfina qui m'accueille sans problème. Mais, malade et affaiblie, je n'ai aucune envie de faire la fiesta. Sale soirée, malgré la grande gentillesse de cette famille très compréhensive...

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Delfina et son mari sont investis dans la paroisse en donnant la communion... Merci à eux ! Ils savent d'ailleurs ce qu'est un pèlerinage, puisque, lui surtout, participe au grand pèlerinage qui est organisé en juillet, entre Queretaro et le sancutaire de Guadalupe de Mexico, et qui rassemble 50 000 marcheurs..., selon certains chiffres.
Bref, le 1er janvier, je veux repartir, malgré une nuit de vacarme, et mes tripes en dérangement. Je suis au bout du rouleau... Vous savez, comme ces rouleaux de papier dont une bande rouge apparaît quand le bout du bout du ruban de papier va bientôt rendre son dernier cm... D'humeur exécrable, maudissant tout ce qui bouge, prenant tout le Mexique en grippe, j'enrage sur un bord de goudron, dont le décor vous aggrave la nausée. Heureusement que personne ne m'accompagne en ces funestes instants ! Je deviens imbuvable ! Tobie, et avec lui le Ciel entier, sont taciturnes, moroses et semblent m'abandonner au triste sort des gueux errant sans feu ni lieu. Ainsi va, aussi, la vie, la spirituelle, la physique, la pérégrinante, la vie tout court...
Soudain, une voiture s'arrête et rebrousse chemin jusqu'à ma hauteur : Hernando Cortes, son épouse et ses enfants sont intrigués. Que peut bien faire un petit bout de bonne femme, seule, en ce 1er janvier, dans ce coin qui n'a rien de folichon ? Ils sont contents de ma démarche et veulent une photo. Moi aussi ! Pour une fois que je peux prendre des Mexicains en photo !
Trop bien, voilà qui me consolera un brin...

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Autre consolation, le premier panneau indiquant la direction du but ultime apparaît.R0016693
Ça fait tout bizarre. Et je me refugie dans tous les souvenirs des km parcourus depuis le début : depuis les pistes cyclables du désormais lointain Québec aux platitudes du Mississippi, en passant par les forêts verdoyantes des Adirondacks, le riant Kentucky, l'infini Texas, les belles rencontres de Cincinnati ou de Pennsylvanie, à ce temps béni où je pouvais camper, à cette féerie du vol des pélicans dans ce lever de soleil à Port Aransas, aux traversées des plus grands fleuves : le Saint Laurent, l'Ohio, le Tennessee, le Mississippi... et tous mes secrets...
Bref, arrivant à la Grieta, voilà encore une mega fiesta. Mamma mia !! On fête le couronnement de la Guadalupe dans un vacarme à vous crever les tympans, ça pue la graille, la friture nauséabonde : rien que l'odeur de ces malheureux poissons infames, frits ou grillés, vous donne le tord-boyaux. On me raconte n'importe quoi :

- Si, le curé habite ici.
- Non, le curé n'habite pas là...

Cette fois-ci, je démissionne, saute dans un bus pour le centre-ville de Queretaro pour digérer ma sinistre humeur. Voyager est une épreuve pour les nerfs, parfois. Mais même au milieu des pires moments, rien n'est jamais tout noir : zombifiée dans les rues bondées, toujours en fête, de Queretaro, je ne trouve pas d'hôtel... Mais un couple se promène. Je leur demande où en trouver un. Lorena Mendoza et son mari, originaires d'ici, mais ayant vécu une dizaine d'années à Pittsburg (Pennsylvanie), se démènent pour m'en trouver un dans mon budget. Ainsi, quand on a déjà une trentaine de km dans les pattes, il faut encore trouver la force de trotter une heure dans les rues pour trouver ce qui convient. Je suis épatée de la gentillesse de Lorena qui, avec son mari, me souhaitent ainsi la bienvenue dans Queretaro.
Le dimanche 2 janvier, je plannifie ma route jusqu'à Mexico. Ça fait tout bizarre aussi. Avec l'itinéraire ainsi prévu, il ne me reste que 250 km. Si je respecte ce planning-là, je constate que je n'aurai pas tout à fait rattrapé les km manquants, ceux faits en bus. Il manquerait 160 km !! En réalité, il en manquerait sans doute beaucoup moins, car j'ai fait une partie (Memphis-Tunica) deux fois, une fois à pied et une fois à vélo et, généralement, je compte mes km de manière très serrée. Alors l'un dans l'autre..., si je me suis toujours refusée à céder à la facilité, le pèlerinage n'est pas non plus un comptage rigoureux - et d'ailleurs impossible - de km, je valide donc cette dernière ligne droite qui sera courbe.
Encore 250 km, donc une dizaine de jours...
Le lundi 3 janvier, je veux, quoi qu'il arrive, enfin arriver à Tequisquipan et repartir de là où je m'étais arrêtée : La Giega. La route sera franchement quelconque... dans des terres de brûlis...

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...hormis que le moral remonte un peu et que les gens ont l'air plus sympas, comme cette voiture de jeunes qui s'arrête pour une petite causette. Ils font partie des milliers de pèlerins qui partent de Queretaro à la Guadalupe en juillet.

Tout le monde, cependant, ne comprend pas que je sois partie de Québec et je m'aperçois que certains, comme ces femmes rencontrées à la Giega, ne savent même pas où c'est !!! Au dire des Mexicains eux-mêmes, l'éducation nationale laisse à désirer !

Interminable arrivée, de nuit, à Tequisquiapan. Dans une jolie épicerie fine, une dame super souriante et agréable me recommande l'hôtel d'une de ses amies, quand sa propre mère arrive. Elle veut m'accompagner jusqu'à l'hôtel en question, où elle demande le prix. Puis elle me glisse à l'oreille :
- Attendez un peu, on va aller voir un autre hôtel qui sera peut-être moins cher...
Au secours, j'ai mal aux pattes avec mes  42 ou 43 km !!!

L'autre hôtel est plus cher. Nous repartons. La dame réfléchit :
- Moi aussi, je tiens un hôtel, mais un hôtel beaucoup plus cher. Alors, je vais demander à mon mari s'il est d'accord pour vous faire le prix du premier hôtel visité et, comme ça, vous pourrez venir chez nous !! Et son mari accepte volontiers. Et me voilà dans ce lieu de luxe... Allez voir :
http://www.hotelhaciendalasdelicias.com/
 

J'ai comme l'impression que le Mexique me fait le même coup que le Tennessee : se faire pardonner dans les derniers km !!!
Ce matin, le 4 janvier, elle m'offre les repas à la table de la famille.

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Et voilà son domaine, avec en premier plan, sa sublime strelitzia, fleur appelée également "oiseau du paradis" :

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Et la crèche dans le jardin :
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Et voici Tequisquiapan,  jolie et pittoresque, calme et touristique, rendue célèbre pour ces artisanats : paniers, jouets de bois, dentelles...

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et l'incontournable Guadalupana déclinée pour tous les goûts..., même les "kitch" !!!!

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Demain, votre marcheuse entamera, non sans émotion, sa dernière ligne droite, courbe et, pour l'occasion, je me mets aux couleurs si vives de ce Mexique qui, malgré ses souffrances, sait rester lumineux...

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Pour l'heure, j'ai rendez-vous avec mes hôtes pour un petit "cafesito",
A très bientôt,
Anne-Marie

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Anne-Marie MICHEL Anne-Marie - dans Mexique