Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation Du Blog

  • : De Québec à Mexico à pied...
  • : "American way for live" de Québec à Mexico est une marche pour la vie et une route d'évangélisation, une réponse à l'appel de Jean-Paul II aux jeunes. J'ai pèleriné vers la Vierge de Guadalupe qui est l'étoile de l'évangélisation et la patronne des enfants à naître. Je suis partie dans l'octave de la Pentecôte, le 27 mai 2010 et arrivée le 14 janvier 2011.
  • Contact

Catégories D'articles

18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 20:30

Article revu et corrigé à la fin...

 

Ce jour-là, je méditais justement sur la vocation de la France et sur le nombre incalculable d'aventuriers qui ont quitté et quittent toujours ses frontières pour quelques mois, quelques années ou toute une vie pour défier le monde. Soudain, sur mon bord de goudron, arrêt sur image, comme un  mirage, une oasis au milieu du désert, les jambes qui flageollent, la chair de poule, une apparition : un drôle de vélo bat pavillon français !! Vous ne saurez jamais ce que suscite au fond du cœur, la vision de ce drapeau dans les mois d'exil à l'autre bout du monde...

R0016421

Il fallut plus de 4700 kilomètres pour rencontrer les premiers Français ! Il n'y avait pas de plus beau cadeau pour ce premier jour de la neuvaine de prière pour la France.
- Mais vous êtes Français !!
- Ben oui !
- Mais que faites-vous là ? 
- Un tour du Mexique...
Robert et Maryse ont ce "petit asseng pointu du sude de la Fraince, vous savez, ce petit asseng plein de soleille et de musique"...
- Nous sommes de Montpellier !
Ils ont acheté ce "vélo" à des Canadiens... Ah ! ces Canadiens ! De sacrés aventuriers aussi et, qui plus est, ingénieux et imaginatifs... Ils m'expliquent que ce tandem sophistiqué est bien mieux que deux vélos :  à deux vélos séparés, lui, passe ses journées à attendre sa femme et elle, passe ses journées à courir après son mari... Tandis qu'avec cet engin, chacun fournit l'effort proportionné à ses forces qui, du coup, s'additionnent... Depuis des années, ils sillonnent l'Amérique Latine ou l'Asie. Chaque hiver, ils partent 3, 4 ou 5 mois...

R0016427
Nous papoterons au moins une heure et partageons nos expériences, notamment celle que l'hospitalité ne va pas du tout grandissante en allant vers le Sud, et laissons sans vergogne nos chromosomes de râleurs invétérés s'exprimer à qui mieux mieux, mais toujours dans la bonne humeur... Ah ! ces Franchouillards ! Mais, dites-moi donc ce qui nous pousse, nous autres Gaulois, à parcourir la planète, alors que nous avons le plus beau pays, la meilleure gastronomie, les plus jolies montagnes, le climat le plus tempéré, les plus belles cathédrales, et que nous y avons nos meilleurs amis... ? Mais nous ne sommes jamais contents, on râle, donc on fait grève, on râle parce que les grévistes font grève, alors on part se défouler les guibolles - et surtout les neurones - autour du monde. On change d'air et ça nous change les idées, dit-on ! Mais à part ça, nous savons aussi nous intéresser aux splendeurs du monde et c'est pour cela que Robert et Maryse vont là d'où je viens : Guanajuato dont voici quelques clichés :

R0016158

La Plaza de la Paz, au cœur de ce Guanajuato, classée, je vous le rappelle, au patrimoine mondial de l'humanité

R0016178
Autel de la Basílica de Nuestra Señora de Guanajuato

R0016260
Plaza San Fernando

L'essentiel à savoir de Guanajuato est qu'elle doit sa richesse et sa prospérité aux mines d'or et d'argent qu'elle détient en son sous-sol, lesquelles mines sont toujours en activité. Son artisanat est prisé dans la région. Hormis la bijouterie, vous trouverez de la céramique, finement peinte à la main et toutes sortes de ponchos, châles ou autres pulls de laine.
C'est justement ici, à Guanajuato,  que j'ai un rendez-vous téléphonique avec Luc Adrian, de Famille Chrétienne. Son article, axé sur un "rendez-vous" et un "portrait", est paru juste avant Noël. Qu'il soit vivement remercié pour l'intérêt qu'il a bien voulu porter à cette "dé-marche", démarche entreprise, rappelons-le,  pour sensibiliser les gens au drame de l'avortement, pour sortir du tabou, pour taper un grand coup de poing sur la table, pour que ses défenseurs soient, avec toute la charité nécessaire, mis hors de nuire, pour que tous nos "Auschwitz" modernes ferment définitivement leurs portes. Point, c'est tout, il n'y aura aucune alternative à cela.

Nous avons donc eu une longue conversation avec le journaliste bien connu  de Famille Chretienne.

- J’ai peiné à résumer une telle aventure en 3 400 signes, avoue-t-il.
Je connais bien ce problème aussi à la radio ! Ce n'est pas facile. Mais l'avantage du blog est que l'on a tout l'espace qu'on veut pour compléter, préciser ou nuancer. Et je sais que Luc Adrian ne m'en voudra pas d'en profiter... !! 

Alors si vous voulez en savoir plus, cliquez ici...

Je resterai deux jours à Guanajuato, d'abord à l'hôtel, puis chez des Soeurs du Bon Pasteur qui tiennent un internat de filles près de l'Université et un "refuge" pour les femmes battues. Certaines sont même en danger de mort et viennent "survivre" ici !

Après avoir quitté cette ville de 150000 âmes, la famille de Jesús et Loreto, particulièrement accueillante,  me recevra dans leur restaurant puis dans leur maison de Dolores Hidalgo. Ils me donneront l'occasion d'un petit tour au grand marché de León pour découvrir des haricots, du maïs ou des piments de toutes les couleurs et autres tomates vertes :

R0016348
R0016358
différentes sortes de maïs, de céréales et... dans les sachets : des crevettes séchées
R0016360
Ou encore ce piloncillo (photo ci-dessus), sucre de canne, qui sert à la préparation du café olla, café mexicain, servi avec ce piloncilla et de la cannelle...

Une autre spécialité typiquement mexicaine : la bière Corona qui coule à flots partout...

R0016337
... vraiment délicieuse.
R0016346
Et voilà de G a D : Verónica, Ángel Daniel (son fils), Luis Enrique (son frère), Loreto et Jesús (ses parents) devant leur restaurant
Mais ce 16 décembre commencent les festivités de la Posada. Neuf jours avant Noël, les Mexicains accompagnent la Sainte Vierge dans les derniers jours de sa grossesse. Durant une petite procession, ils récitent des prières dans le vacarme des pétards. R0016395
Elle est représentée, enceinte, assise sur un âne et en route avec Joseph vers la ville de David où il doit se faire recenser.

Enfin, les enfants sont appelés à crever, avec un bâton de bois, la "piñata", sorte de ballon décoré et coloré contenant des bonbons. Eclats de rire...
R0016399
Si le Mexique sait, parfois, découvrir un visage plus souriant et avenant, bien souvent il ressemble à ça :

R0016430
...des maisons abandonnées où rien n'est fait ni à faire, car ceux qui peuvent, quittent ce pays qui abrite le tout et son contraire, pour émigrer aux États-Unis qui me manquent à moi aussi !
Bref, je retrouverai Verónica à Dolores Hidalgo, où elle a une maison aussi. Puis, le 18 décembre, je m'enfuis, toujours à travers ce pays où il ne pleut jamais :

 R0016433
... vers Atotonilco, qui abrite un sanctuaire fondé entre 1740 et 1777 par le Père Alfaro, pour des exercices spirituels, la dévotion au Christ souffrant et la pénitence. Le curé ne me décrochera pas un mot mais m'emmènera chez des Sœurs. Et sœur Lucie, plus souriante, m'offrira l'hospitalité. A défaut de pouvoir vraiment rencontrer les gens, je photographie les pierres et les cactus...

R0016468R0016467

R0016475 

Cependant, dès ici, une influence américaine se fait sentir. San Miguel de Allende, toute proche, abrite une forte communauté d'Américains, mais aussi de Canadiens. Et ici, à Atotonilco, je rencontrerai un couple du Wisconsin (Chicago) super sympa et causant !

 

Lundi 20 décembre - Jour 208

 

Il fait froid ce matin... Je n'ai pas trop de ma polaire et de ma veste. Et voilà qu'une petite dame, sans vergogne, me demande carrément de lui donner ma veste et même ma mini-serviette qui sèche sur mon sac-à-dos... Bien voyons... Je n'ai nullement l'intention de les couper en deux, comme l'aurait peut-être fait le célèbre cavalier de Tours. Partout dans le monde, dès que tu as une tronche un peu pâle et des yeux clairs, on croit que tu es un sac à fric. En voyageant, j'ai pu aiguiser un peu mon regard sur la pauvreté et ne partage pas toujours les grands clichés misérabilistes un peu tarte à la crème. J'ai découvert au fil des kilomètres une forme de misère dont on ne parle jamais, celle de la misère franchement coupable. Oui, elle existe aussi. D'ailleurs, par deux fois, j'ai parallèlement constaté la réaction de Mexicains eux-mêmes, face à ce problème. Une fois, à la Montaña de Cristo Rey, où les enfants mendient sous le nez de leurs parents qui leur apprennent le métier…

Pas besoin de commentaire, cette photo s'en charge :

R0016081 

(Ceci n'est pas la solution. Pour chaque peso que tu leur donnes, leur avenir se complique davantage...)

… et plus tard, María-Elena, à San Miguel de Allende, dénoncera ostensiblement les jeunes femmes qui mendient avec leur bébé, pour amadouer l'Américain si généreux qui vient passer sa retraite ici. Bref, je ne vais pas alourdir mon texte avec ce problème complexe et réserve ma réflexion pour plus tard.
J'arriverai le soir à San Miguel de Allende, franchement belle, finement raffinée, aussi élégante que paisible.

R0016487R0016507
Paroisse principale Saint Michel

J'y passerai la première nuit justement chez María-Elena, rencontrée, rappelez-vous, dans le bus entre Monterrey et San Luis Potosí. Mais, le lendemain, en regardant mes cartes, je décide de rester ici pour y passer Noël et m'enquiers donc d'un logement pas cher. Une Québécoise m'a vanté l'auberge de jeunesse d'ici. Et dans ma chambre, arrive un soir Hermione Paddle, Australienne de Melbourne ! Le courant passe tout de suite bien et nous décidons d'aller le lendemain aux "Hot Springs", non loin de San Miguel de Allende : à la Gruta. Effectivement, de nombreuses sources chaudes jaillissent par ici. On connaissait ces sources chaudes bien avant l'époque hispanique : Atotonilco (village où se trouve le sanctuaire dont je vous ai parlé ci-dessus) signifie en Nahuatl "Lieu des Eaux Chaudes".
Il me faut acheter un "traje de baño" (maillot de bain) et rien que cela est déjà une aventure : je me retrouve dans un petit magasin de sous-vêtements féminins, tout ouvert sur la rue fréquentée. Mais il n'y a pas de cabine d'essayage... J'essaierai donc mon "traje de baño" par-dessus le pantalon devant tout le monde et sous les éclats de rire d'Hermione... C'est sexy à souhait !! Mais qu'à cela ne tienne, nous voulons notre spa naturel !!!

R0016532R0016534 

C'est dans ce petit paradis que le téléphone sonne :

- Bonjour, c'est Philippe...!!

Décidément mes collègues ne m'oublient pas. Merci a eux !

R0016538R0016541 
En bas, à droite, non, non, ce ne sont pas les fumées d'une boîte de nuit, mais bien l'intense buee de cette source chaude !!!

Je partage un dernier plouff avec mon Australienne... Puis nous nous apprêtons à repartir à San Miguel, quand Rodrigo nous fait signe de venir boire un café avec lui. Je flaire tout de suite le beau-gosse qui part en chasse-draguée. Seule, je l'aurais envoyé promener, mais Hermione est moins farouche... Elle sera l'instrument de la Providence.

Rodrigo est attablé avec son fils de 4 ans, et embrasse une femme qui n'est pas la mère de l'enfant... Bref, notre Don Juan nous propose évidemment de nous ramener à San Miguel. En route, soudain, Hermione lui dit que je marche depuis Québec, et je complète par mon sempiternel laïus (la conversation aura lieu en anglais) :
- Je fais un pèlerinage, 
en faveur de la vie, à la Vierge de Guadalupe, car elle est la Sainte Patronne des enfants à naître et j'offre à Dieu ce pèlerinage pour la fin de l'avortement.
- Ah..., O-K, tu es contre l'avortement... Il va falloir qu'on cause !
- Oui, je suis pour la vie.
- Ah, ouais, tu es HY-PER catholique !
- Ben non, je suis simplement catholique.
- Non, enfin, tu es hyper catholique !
- Ben non, je suis simplement catholique.
Il devient nerveux et agité.
- Ben, moi, je suis pour l'avortement... Attends ! Ils n'ont pas d'âme. C'est rien..... (silence) ....... ..............Ouais, enfin, je sais, je suis Hitler. (sic)
- On est donc bien d'accord. Il s'agit bien d'un génocide.
- Mais attends, ils ne pensent pas... Et puis on n'a jamais demandé à vivre !
- Est-ce que tu crois que tu peux me tuer, moi ?
Il réfléchit. (!)
- Non, je ne crois pas.
- OK, dans ce cas, où est la limite d'âge au-delà de laquelle on ne peut plus tuer quelqu'un ?
Pas de réponse.
- (Je reprends) C'est un être humain.
- C'est clair. C'est une personne.
Son fils de 4 ans détourne la conversation avec ses jouets. Mais en entrant dans San Miguel, Rodrigo, turlupiné par le sujet, revient à la charge.
- Ouais, mais bon, c'est rien, c'est comme une grenouille. (sic)
- Ça ne tient pas debout ! Car même indépendamment de tout argument philosophique, religieux ou moral, la simple science sait bien que les chats ne font pas des chiens.
Il gare son truck (4x4) pour nous inviter à manger des fruits de mer dans un boui-boui de trottoir.
- Ah ! c'est une aventure ! (Malgré la conversation, il croit quand même se faire deux nanas...)
Il s'enfile, tenez-vous bien, une bière au fond de laquelle gisent de malheureuses crevettes, le tout saupoudré de piment rouge.  Hermione, plus courageuse que moi accepte de déguster un bout de poulpe ou de pieuvre... Moi, il n'y aura pas moyen ! En revanche, une guêpe vient lorgner le plat coloré d'Hermione. Rodrigo s'apprête à l'écrabouiller de sa main.
- Tu crois que je peux la tuer ? me demande-t-il.
- Ben oui, si tu veux.
- Alors pourquoi elle et pas nous ? Elle a une âme aussi.
Profitant d'un instant où l'enfant est distrait, je glisse à son père :
- Dans ce cas, zigouille-le aussi, lui !
- (silence, puis il marmonne et je crois comprendre) Oui, j'y ai pensé, il y a bien longtemps.
Puis il craque et l'aveu tombe :
- Oui, c'est vrai, c'est terrible l'avortement. (sic).

Il repartira bredouille de sa chasse-draguée.
De ma chasse à la drague, je ne m'en irai pas si bredouille.

 

Je crois que certains ont cru que j'étais déjà arrivée à Mexico. NOOOOONNN !!! Je suis toujours en route, en pèlerinage vers la Guadalupe et pense arriver vers le 15-20 janvier. Il me reste à peine plus de trois semaines de marche. Donc je prends mon temps. Après quoi, j'aurai un peu de temps pour visiter (non plus en pèlerine, mais en simple touriste, ni vue ni connue, enfin anomyme !) le sud du Mexique avant de rentrer dans mon cher Québec puis en France... en février.

Celui qui est la Vie, et en est l'Auteur, est né. Prions pour que NAÎTRE redevienne tout simplement le premier des Droits fondamentaux des Hommes, quelles que soient les circonstances de leur conception.

C'est Noël, et le petit Jésus a fort à faire. Ne baissons pas les bras !
Au Mexique, avant Noël, les gens aiment jouer des "pastorelas", pièces de théâtre reflétant le combat spirituel, qui précède la venue du Sauveur, entre les anges et les démons et dont le genre humain est le champ de bataille.
R0016525
Et le soir du 24 décembre, contrairement à l'Europe, tout le monde est dans  la rue. C'est un gros avantage pour les gens seuls. La place principale est bondée et on va voir la grande crèche qui occupe le kiosque. Seul l'âne et quelques agneaux seront les santons vivants...
R0016554
 
Crèche de la Place principale de San Miguel Allende...
R0016567
Pendant le Messe de Minuit, un couple apporte un petit Jésus et le célébrant le dépose sur l'autel. Tout le clergé défile pour l'embrasser. Puis il est déposé sur la crèche du maître-autel. Mais beaucoup ont dans leurs mains le petit Jésus de leur crèche, en attente de bénédiction...
R0016564
Le 25, certains restaurants, magasins ou expositions d'art et d'artisanat seront ouverts, crise économique oblige. Invitation à flâner dans les rues :
R0016581R0016585
R0016601R0016604

 

R0016598


R0016590R0016592
R0016595R0016597
Si je donne parfois une vision un peu sévère des Mexicains, parce que la rencontre et le contact avec les autochtones sont vraiment décevants pour moi, en revanche, le Mexique recèle parfois des trésors... Il y a une culture, une histoire, des vieilles pierres, un savoir-faire artisanal ou gastronomique et de splendides couleurs. Le Mexique est coloré et aime ses couleurs.
R0016587
Mais pour rester centrés sur le pélé, nous en parlerons plus tard...

Joyeux Noël !
Je suis de tout coeur avec vous tous !

PAX pour les latinistes,
PAIX pour les francophones,
PEACE pour les anglophones,
PAZ pour les hispanophones !

Merci, infiniment merci, à tous ceux d'entre vous qui m'ont écrit ou téléphoné ces jours-ci. Ça met du baume au coeur !

Anne-Marie

Partager cet article

Repost 0
Anne-Marie MICHEL Anne-Marie - dans Mexique