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  • : De Québec à Mexico à pied...
  • : "American way for live" de Québec à Mexico est une marche pour la vie et une route d'évangélisation, une réponse à l'appel de Jean-Paul II aux jeunes. J'ai pèleriné vers la Vierge de Guadalupe qui est l'étoile de l'évangélisation et la patronne des enfants à naître. Je suis partie dans l'octave de la Pentecôte, le 27 mai 2010 et arrivée le 14 janvier 2011.
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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 19:05

Chers amis,

Reprenons le récit... J'en étais à ma pause de Huntington, le 16 septembre dernier. Dans le Pizza Hut dont je vous ai parlé, j'ai aussi rencontré un monsieur qui me dit de me méfier des trois serpents suivants, qui pullulent dans le coin : le cotton mouth, le copper head et le rattle snake. Je vous laisse le soin d'aller voir à quoi ils ressemblent dans wikipedia !! Mais dans ce même Pizza Hut, voilà que déboule aussi un policier qui répond au surnom de AJ. Lui, me met en garde contre une autre catégorie d'êtres venimeux : certains humains...
- Où allez-vous ce soir ?
- A Cedar Grove...
- Ok, bonne route !
Il refait une chaleur caniculaire et je ne suis pas prête de m'en débarrasser..., ni non plus de me débarrasser du Tennessee, puisque Memphis est encore à plus de 120 miles, soit près de 200 km. Courage !

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En revanche, le paysage s'améliore un peu et je considère ces champs de coton dans lesquels suaient, il n'y a pas si longtemps encore, les esclaves noirs. Aujourd'hui, leur dignité d'hommes libres leur a été rendue. Mais il a fallu une guerre pour cela. En effet le Nord des États-Unis fut en conflit contre le Sud qui voulait conserver l'esclavage, alors que le Nord s'y opposait. Je constate effectivement une différence de mentalité entre le Nord que j'ai traversé, et le Sud que je commence à découvrir. Quand j'en parle aux gens, on fait systématiquement référence à cette guerre, pour expliquer la différence. Les gens du Sud n'aiment pas les gens du Nord...

Pour autant, le coton pousse toujours et sa fleur m'émerveille. Il fallait être le Bon Dieu pour créer un trésor comme celui-là, n'est-ce pas ?...

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...et le péché originel pour faire surabonder ces bestioles-là, n'est-ce pas ?

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Cette année 2010 est une année particulièrement caniculaire et sèche partout aux États-Unis. Dans les années 1930, il y a eu aussi un épisode très sec. Une agriculture mal gérée avait mis à nu la terre, que la sécheresse a transformée en poussière, et d'immenses tempêtes de poussières, telles qu'on en voit en Afrique, ont alors ravagé ces régions, particulièrement dans l'Alabama ou l'Arkansas, états voisins du Tennessee. Aujourd'hui, le problème est différent, mais ici on laisse pousser le kudzu, qui maintient les sols trop érosifs. Le souci est qu'il envahit tout et couvre les arbres : 

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Sa fleur, cependant, ne manque pas de charme :

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Mon bord de goudron m'emmène ce soir vers Cedar Grove ou je trouve l'Abundante Life Church : elle regroupe des mécontents des Baptistes et des Méthodistes, bref l'unité des Chrétiens a du plomb dans l'aile. J'en profite pour lancer un appel urgent à ceux qui ne savent pas quoi faire de leurs 10 doigts... de pied :
Lancez-vous dans une marche pour l'UNITÉ ! Il y a de quoi user vos semelles ! Croyez-moi, il n'y a pas de chômage dans la Vigne du Seigneur, mais je crains qu'il n'y ait que des ouvriers de la onzième heure...
Il n'empêche que je suis très gentiment accueillie par ces gens, notamment Laura. Ils ont une réunion fraternelle de leur Église et beaucoup vont camper à l'arrière de cet ancien motel qui leur sert d'édifice religieux. Certains viennent me voir pour prier pour moi et l'on m'offre à manger, une douche, un sourire, un encouragement... quand tout-a-coup, voilà mon policier AJ qui débarque :
- Je voulais juste voir si vous étiez arrivée ici sans encombre...

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Le lendemain, 18 septembre, je redémarre à la fraîche, vers 7 h 00. J'ai à peine fait 2 miles, que j'aperçois une voiture de police garée sur la gauche.
- Avez-vous déjà été contrôlée ? me demande Monsieur le policier, qui n'est pas AJ.
- Euh, ben non, je ne crois pas.
- Avez-vous une carte d'identité ?
- Voilà mon passeport.
- Ok... En fait je vous dis ça, parce que, dans le bois juste là, à droite de la route, il y a deux gars, armés de pistolets comme le mien qui sont cachés... Two bad boys ! Et puis vous voyez l'hélicoptère, là, au-dessus du bois ? Nous sommes en train de les chercher...

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Mais c'est l'Amérique du Moyen-Age !! Voilà que les brigands hantent à nouveau les forêts sombres. Je n'irai donc pas plus m'aventurer dans ces sous-bois stupides, qu'eux ne viendront s'approcher d'un goudron où pullulent trop de flics à leur goût. Je comprends mieux pourquoi AJ m'a discrètement surveillée hier. Je passe ma route, réveillant Tobie qui s'est assoupi dans mon sac a dos (!), pour prier pour ces deux pauvres gueux...
Le soir, je finis à Jackson qui abrite une forte communauté noire.

 

Dimanche 19 septembre - Jour 116

 

Messe à l'unique paroisse Sainte Marie de Jackson. Plus je glisse vers le sud, plus le pourcentage de catholiques diminue. Ils ne sont plus que 3% de la population. J'espère ne jamais avoir de problèmes pour trouver une messe.
Jackie et sa fille Audrey sont belles, fines, élancées et fort bien habillées, avec goût. C'est suffisamment rare dans l'Amérique que je traverse pour que je prenne le soin de le souligner !! Nous nous quittons après qu'elles m'ont offert le café et un éclair au chocolat... après la messe.
Je traverse quelques marécages et autres bois, et arrive dans une zone habitée, quand un sale cabot me fonce dessus. Mais Tobie fait arriver à ce même instant plusieurs voitures qui freinent comme des malades et klaxonnent à tue-tête pour chasser ce toutou hargneux. Ça fait un véritable pataquès sur la route. Le "maître" est distant, effacé, absent, inefficace, incompétent, j'm'enfou-tiste. Et si nous étions à l'image des chiens que nous avons ? C'est pourquoi, au lieu d'un chien de garde, je préfère mon ange gardien. Ça me suffit, merci Tobie !!!
Plus loin, voilà le mari de Jackie qui me rejoint et me donne un pepper spray. C'est un pistolet qui balance du poivre à l'agresseur... C'est gentil, mais ce n'est pas l'esprit de mon pèlerinage d'utiliser ce genre d'ustensile... Alors, je songe au lointain Québec où l'on m'a donné des canneberges séchées enrobées de chocolat ; à l'État de New-York où l'on m'a offert un tour en canoë ; à la Pennsylvanie où l'on m'a emmenée à la piscine ; à l'Ohio où la porte était ouverte, avec une chambre d'amis ou une assiette ; ou encore au Kentucky où l'on m'offrait un sourire ou un peu de temps... Ici, c'est le pepper spray !!
Plus loin, une femme métisse vient timidement me demander ce que je fais. Elle est morte de trouille pour moi. La peur des gens, à l'idée que je marche seule est un des pires fléaux : ils jettent sur moi leurs propres frousses et je dois lutter contre elles, car généralement, ce n'est  ni fondé ni enraciné dans le quotidien bien concret de ma marche. Leurs trouilles sont fondées sur leur imaginaire, leurs affabulations. La télévision fait des ravages, de ce point de vue : elle vous fait projeter dans "l'ici et maintenant", ce qui c'est passe hier et ailleurs, et l'on n'est plus dans l'instant présent : on glisse dans le virtuel. Bien sûr qu'il y des truands, mais ils ne sont pas forcément là où nous sommes. Et même s'ils ne sont pas très loin, comme les deux "bad boys" d'hier, ils ne sont pas forcément disposés à vous couper en rondelles. D'ailleurs, quand on me dit "fais gaffe", je demande "Ah bon, pourquoi, que ce passe-t-il ici de dangereux ?", systématiquement, on me répond :

"Ah non, ici les gens sont sympas, il n'y a pas de problème, mais au Mexique..."

Mais je ne suis pas au Mexique...
Bref, j'ai bien fait de penser tout à l'heure à mon cher Quebec, car voilà que tout à coup mon téléphone sonne : c'est Anne-Marie de Dosquet, rencontrée le 28 mai, au soir du 2ème jour de marche... Elle ne sait pas à quel point cela m'a fait plaisir !! Bien sûr, le rendez-vous est pris quand je repasserai à Quebec !


Le soir, l'accueil est pour le moins surprenant : des gens qui lâchent des pitbulls la nuit et qui s'enferment par peur... prétextant que le monde est mauvais...

Je suis scotchée, j'apprendrai que cela fait aussi partie du voyage... Pauvres gens ! Déjà les trouilles des femmes sont minables, mais alors quand le sexe soit-disant "fort" se met à être peureux, ça devient bouffon et ubuesque. Et puis de toute façon, le monde est ce qu'on en fait. Moi, je préfère construire un monde de courageux et d'audacieux qu'un univers de poules mouillées et d'hommes…lettes. Je ne suis pas naïve face aux dangers de ce monde, mais je n'accepte pas la politique de l'autruche pour autant. Je tourne les talons, secouant la poussière de mes godasses, gémissant de pitié pour ces personnes, somme toute, plus malheureuses que moi. La route m'appelle, le soleil se lève et inondera de sa lumière ces moments sombres et saumâtres, qu'il faut traverser aussi agilement que les marécages. Je suis dans l'immense plaine du Mississippi. 

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marécage du Hatchie Bottom

 

Toujours plus loin, à la station Shell, un bonhomme me dit :
- Faites gaffe, il y a deux prisons ici et beaucoup de contrôles.
Non, mais c'est dingue, ça, voilà qu'il  me prend pour une vagabonde louche qui aurait du souci à se faire en cas de contrôle !! Ça finit par me fatiguer ! Qu'on se le dise, je suis rassurée quand les policiers sont là et quand ils font leur boulot. Ils m'ont bien souvent rendu service et j'apprécie leur présence. Mon casier judiciaire est vierge et je marche au nom de ma Foi catholique pour une cause grave : la fin du génocide de l'enfant à naître. Point. Avec ça je peux regarder un policier droit dans les yeux et la tête haute.

Mais, me direz-vous, il ne faut pas juger les gens. Tu ignores leur passe et les raisons pour lesquelles ils sont devenus comme ça ! C'est vrai ! Malheur à moi, si je les juge ! Que Dieu m'accorde la grâce de l'humilité et la joie parfaite. J'en suis encore loin. Le pèlerin n'a jamais rien à exiger, si ce n'est de lui-même. D'ailleurs, je ne suis pas moi-même toujours un exemple d'ouverture à l'autre, ni de parfaite hospitalité !!! Mes amis le savent ! Mais si je relate ces menus événements moins agréables, c'est pour que personne ne "rêve" au sujet d'un voyage comme celui-là. Que de fois ai-je entendu, avant mon départ : "Oh là là, c'est génial ce que tu fais, tu vas voir, ça va être extraordinaire." Je n'ai pas été dupe : le voyage, le pèlerinage, l'aventure nécessitent de traîner ses grolles partout où il y a de l'homme, donc de l'hommerie aussi ! Marcher avec le Bon Dieu n'est pas une pieuse bondieuserie de sainte-nitouche. Lui-même, en s'incarnant, est venu visiter nos boues.
Par ailleurs, j'ai été d'autant plus surprise par le comportement de certains, que tout le Nord des États-Unis a été particulièrement hospitalier. Ils ont mis la barre très haut !
Enfin, tirons des leçons de ces rencontres, notamment en matière de peur. La peur ne vient pas de Dieu. Seule la prudence est vertu. Et il faut être prêts aux ennuis, même graves. Mais la méfiance, la peur, la couardise ne viennent pas d'En-Haut... Je connais un certain Jean-Paul II qui nous a appelés à "ne pas avoir peur". Et si, comme l'a dit T., le monde est si mauvais, c'est que NOUS sommes mauvais. Alors devenons BONS et le monde sera bon.


Le soir, j'arrive à Somerville, une oasis de gens normaux et sympas...

D'abord, je rencontre Bob et Mita, des Indiens qui tiennent le motel. Ils m'offrent de me laver mon linge, wouahh je vais sentir bon !! Ensuite Mita et son jeune fils de 16 ans viennent papoter un brin. Mon voyage les intéresse. Ce qui m'intrigue, c'est que les Indiens que je rencontre ne connaissent pas la notion de pèlerinage. Au terme de cette agréable conversation, me voilà invitée le lendemain matin, à boire du thé indien. En attendant, je vais me sustenter au restaurant mexicain ! L'image de la Guadalupe trône au milieu  des citrouilles, des araignées et autres squelettes grimaçant pour Halloween. C'est lugubre. Gus Gomez, le patron, me reçoit, se met à mes petits soins et me sert, aux frais de la maison, un bon petit plat. J'insiste, c'est super bon : une grosse pomme de terre, un bon steak, de la crème, des petits oignons frits... miam, miam. Et puis, il m'offre un jus de mangue... Vivement le Mexique, on y mange mieux !!

 

Mardi 21 septembre - Jour 118

 

Mita fait d'abord bouillir du gingembre, puis rajoute du lait et enfin le thé noir et du sucre. Ça vous dynamise pour toute la journée. Ça sent plus le caramel que le thé, et c'est super bon. Merci Mita ! Après cela, Gus me conduit à l'église catholique qui est loin. J'y trouve Joyce, la secrétaire du père Kenny. Nous partageons le petit-déjeuner...

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A gauche avec Mita, à droite Joyce

Le soir, le tenancier d'un petit boui-boui me conseille d'aller planter ma hutte chez une de ses connaissances...
- L' endroit sera sûr et il y a des gens bizarres partout, précise-t-il.
Je sais qu'il y des gens bizarres partout, j'ai compris, mais ce soir, je ferai confiance à mon feeling. Et je frappe à la porte de Doug. Il est seul et malade. Il est tout désolé de ne pas pouvoir mieux me recevoir :
- Ma femme n'est pas là, ajoute-t-il. Si elle était là, nous aurions été plus hospitaliers. Nous vous aurions invitée. Mais vous pouvez vous installer où vous voulez dans le jardin. Vous pouvez aussi aller vous baigner dans la piscine, si ça vous dit...

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Cher Doug, vous avez été plus hospitalier que vous ne pensez...
Sa femme est chef de choeur et son répertoire est essentiellement classique. J'aurais été ravie de pouvoir causer avec elle de musique classique. Je n'en entends strictement jamais dans ces État-Unis qui possèdent pourtant les plus illustres orchestres philharmoniques du monde !

 

Mercredi 22 septembre - Jour 119

 

Le Tennessee voudrait-il se faire pardonner dans les derniers kilomètres ? C'est vrai que dans ce Tennessee, je me suis fait entendre dire des choses pimentées, du genre :

- Ouais, de toute façon, qu'est-ce qui me prouve que cette nuit, vous n'allez pas téléphoner à vos copains pour venir voler ma maison ? Et puis de toute façon, je ne vois pas en quoi ce que vous faites va changer le problème de l'avortement. Ce n'est pas vous, en étant toute seule, en marchant et en parlant mal anglais, qui allez changer quoi que ce soit. Et puis de toute façon, Dieu ne vous demande pas de faire ça.
Sagesse de Dieu et sagesse des hommes.
Si certains comportements ont ravivé en moi une certaine fierté, la fierté de ma Foi, la fierté de l'amour des Vertus, je ne fais pas non plus la maligne. Je n'ai pas fait le plus dur du voyage, loin de là. Et enfin, s'il est une vertu que doit cultiver le pèlerin, c'est bien l'humilité. Pardon, Seigneur, quand j'ai manqué à l'exercice de cette vertu que Vous aimez tant...
Pour l'heure, le Tennessee se fait bel et bien pardonner dans les derniers kilomètres, et dépasse même ce dont j'ai besoin : un monsieur me paie ma note dans un restaurant ! Puis, je poursuis jusqu'à Collierville, banlieue agréable de Memphis, terme de la première moitié du pèlerinage. Je veux finir évidemment à l'église qui pousse le caprice jusqu'à se trouver à l'autre bout de la ville... En chemin, dans un magasin de chaussures où je demande un renseignement qui n'a rien à voir avec des chaussures, je tombe nez à nez avec Marie-Reine. La première francophone croisée depuis la frontière le 9 juin dernier ! Elle est de Montreal, son mari aussi. Ils se sont expatriés au Texas d'abord, puis ici, pour des raisons professionnelles. Quel bonheur d'entendre la langue de Molière !!
- Il n'y a rien à faire ici, alors j'ai pris du poids. Alors qu'au Quebec, l'hiver, il fallait pelleter la neige ! me confie-t-elle.

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J'arrive à l'église de l'Incarnation. J'achève la première moitié : 2561 km, 119 jours, des rencontres inoubliables, des grâces reçues... Je rends grâce au Bon Dieu, à la Vierge Marie, à Tobie, à mes guiboles aussi... Je ressors la pile de feuilles sur laquelle je note soigneusement les noms et adresses des personnes rencontrées en chemin. Je lis la longue liste et dépose tous ces visages aux pieds du Saint Sacrement. En écrivant ces lignes, j'ai une pensée et une prière pour tous ceux qui ont permis que j'arrive ici. Ce sont tous les bienfaiteurs. Il y a ceux qui m'ont accueillie en chemin, indiqué la direction, ouvert le gîte ou offert le couvert, un sourire ou une bière, prononcé une bénédiction ou un encouragement, recommandé un ami ou diffusé l'humble mais criant témoignage de ma marche pour la Vie dans quelques medias... Il y a les priants qui disent une dizaine ou plusieurs chapelets, offrent une messe ou leurs souffrances pour la réalisation de ce pèlerinage. En écrivant ces lignes, ma pensée s'envole vers la France, vers ces centaines d'amis qui assurent l'intendance, qui prient, m'envoient des mails et dont l'amitié est fidèle. Vivement les retrouvailles ! 
L'Église de l'Incarnation abrite a
ussi une grande école remplie de bambins... C'est mignon à croquer ! Munie de la crédentiale rédigée par le père Reif, je m'adresse à Martha pour lui demander si l'école peut m'offrir l'hospitalité. Elle part à la recherche, dans les couloirs de cette grande école, de son amie Jane.

- Chez moi, c'est le bazar, avoue Martha. Mais chez Jane, la porte est toujours ouverte...
Et en effet, malgré une journée bien chargée, Jane m'accueille chez elle...
 

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Le Tennessee s'est fait pardonner, car la gentillesse des uns est plus grande que la froideur ou les frousses des autres... Merci Jane et Mike !

 

Jeudi 23 septembre

 

C'est le début de la "mi-temps". Je loue une petite Hyundai rouge et m'en vais dans l'Alabama, au Monastère du Très Saint Sacrement... En fin de semaine, je tâcherai de publier un article sur le Sanctuaire, situé à Hanceville, à une heure (de voiture) au nord de Birmingham.

A bientôt,

votre Anne-Marie

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Anne-Marie MICHEL Anne-Marie - dans Tennessee
27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:06

Bonjour a tous !!

 

Les premiers messages d'amis inquiets de mon silence me sont parvenus... Pardon, je n'ai pu vous retrouver plus tôt. En fait, je suis arrivée mercredi dernier, le 22 septembre, à Memphis-Tennessee. 2561 km au compteur, 119 jours. C'est la mi-parcours. Je me suis donc offert une "mi-temps" : j'ai loué une voiture pour me rendre dans l'Alabama, faire une pause au monastère ND des Anges, plus connu sous le nom de Shrine of the Most Blessed Sacrament (Sanctuaire du Très Saint Sacrement). C'est Mother Angelica, franciscaine, qui a fondé la grande télévision catholique EWTN, qui a aussi fondé ce monastère.

 

 

Un premier article sur la fin de la traversée du Tennessee est presque terminé, il sera mis en ligne demain... Désolée de vous faire attendre, mais la bibliothèque ferme maintenant !

 

 

En attendant, voici le lien vers le site du monastère :

http://www.olamshrine.com/

et celui de la télévision EWTN :

http://www.ewtn.com

Je rentrerai a Memphis probablement dimanche prochain, le 3 octobre, pour poursuivre le periple...

Portez-vous bien, merci pour vos mails !!

votre Anne-Marie

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Anne-Marie MICHEL Anne-Marie - dans Tennessee
17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 02:37

Chère famille, chers amis,

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Mais qu'on se le dise, apprécier le voyage qu'est la vie relève parfois de l'héroïsme !

Jeudi 9 septembre - Jour 106

 

Phyllis est une amie de l'amie de Jo, rencontrée au café d'Elkton. Le téléphone arabe marche très bien aux Etats-Unis et les dames papotent toujours, n'est-ce pas ? Ni une, ni deux, Phyllis prend sa voiture et me cherche sur la route qui va à Clarksville. Pas difficile de trouver un chapeau sur un sac à dos qui longe la route : nous échangeons nos blogs, mail, numéros de téléphone... Et ce jeudi soir, me voilà invitée dans un joli restaurant avec Phyllis !

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Suivront deux jours franchement pénibles : gros serpent (mort !), trafic monstre près de Clarksville, puis de nouveau, les trous paumés au milieu des bois, des accueils plus inhabituels, des pieds qui en ont eu ras-le-bol et des genous en préavis de grève, le moral qui s'est enfui dans les trous (bien réels) de chaussettes !! Ce Tennessee a beau avoir une guitare légendaire...

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...j'y passe les pires instants du voyage.

 

Dimanche 12 septembre - Jour 109

 

Mais ce matin, arrivée à la paroisse St Patrick de McEwen, tout s'est métamorphosé. La petite Eglise catholique d'ici, Saint Patrick,  est une véritable oasis. Le père Michael et ses paroissiens me réservent un accueil remarquable. La grâce du sacrement de confession, celle de l'Eucharistie, une homélie qui nourrit l'âme, la charité d'une communauté paroissiale et d'une communauté de Dominicaines, voilà qui regonfle le moral en berne, redonne force aux pieds et courage aux genoux.

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Susan est l'organiste de la petite paroisse. Enthousiasmée par mon pèlerinage, elle m'invite au Subway du coin. Elle non plus, n'est pas originaire du Tennessee et ne s'y sent pas mieux que moi... Question de feeling. Les gens sont aussi gentils qu'ailleurs, mais comme je l'ai dit ci-dessus, on y rencontre aussi des comportements plus étonnants. Mais la charité pardonne tout, excuse tout, supporte tout, alors... je préfère m'attarder sur les belles choses que je vois... Et ce matin-là, j'ai profondément ressenti à quel point l'Église catholique est une Mère auprès de laquelle nous pouvons venir nous abriter, nous ressourcer. Et si j'ai pu le ressentir, c'est que la communauté paroissiale, par son prêtre, a construit cette petite oasis de paix. Le voyageur est sensible aux atmosphères des lieux qu'il traverse et à McEwen j'ai vu "combien ils s'aiment."

 

Les jours suivants, je continue de longer l'interminable route 70, tantôt à 2 voies, tantôt à 4 a voies. L'immense Lake Kentucky (qui correspond au fleuve Tennessee) s'étire du nord au sud, et seuls 4 ponts l'enjambent. Je trouve la zone franchement quelconque, voire carrément moche. Et de toute façon j'ai le moral dans les trous de chaussettes, alors je vois forcément tout en gris... C'est comme ça, ça va passer !!!! Cherchez pas à comprendre !!

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Mardi 14 septembre - Jour 111

 

Petit-déjeuner au "Mimi's Café". La gérante est pro-vie et me présente à deux pasteurs méthodistes et un pasteur baptiste, attablés là. Les Américains ne sont pas, comme nous autres Français, complexés de prier au restaurant. La vie spirituelle fait partie de la vie quotidienne, ils n'ont pas peur de leur Foi. Alors tous trois prient pour moi, pour que Dieu m'accorde un "safe trip". Merci à Donna, David et Tom ! Plus loin, voilà une voiture qui s'arrête. Une jeune maman avec deux enfants. Et hop, nous nous donnons tous la main, comme on fait ici, et elle prie pour moi...

 

Mercredi 15 septembre - Jour 112

 

J'en ai plein le dos, plein les pattes. Je n'avance pas. Frère l'âne est rebelle en ce moment. Mais il faut respecter les rythmes du corps, c'est le meilleur moyen de ménager sa monture et de se donner des chances d'arriver au bout... En attandant, il faut se contenter de ce que l'on trouve en chemin :

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des gentilles bestioles, des terrains vagues désaffectés, des garages que la crise économique a fermés...

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Mais, oh surprise, voilà du coton !! Je m'en vais donc bel et bien vers le sud !! La végétation change, mes érables et leur précieux sirop sont déjà loin !!

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En arrivant à Huntington, je cherche l'église de la Sainte Famille. C'est incroyable comme le Saint Esprit va me guider ce soir. Je rencontre d'abord un monsieur qui va chercher son courrier. Si j'ai bien compris, son gendre a un salarié, Jim,  qui fait partie des "Knights of Colombus". Il lui téléphone. Ils ont justement à 18 h 15 une réunion a l'église. Jim vient me chercher en voiture. Ils m'invitent à partager leur repas et finalement m'offrent une nuit dans l'hôtel voisin où, me trouvant fort bien, je resterai une nuit supplémentaire, histoire de me refaire les forces et le moral, et demain, vendredi, je pourrai repartir en pleine forme !

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Un immense merci pour l'hospitalité de ces Chevaliers de Colombus !!

Ce jeudi, pour achever de me réconcilier avec le Tennessee, voilà que je m'assois dans un Pizza Hut. Mon accent intrigue la serveuse. Et je redis l'objet de mon pèlerinage.

Du coup ça papote en cuisine. La chef sort :

- Vous marchez ? Alors en cadeau de la maison, je vous offre votre repas. Je suis le boss, je peux bien faire ça pour vous.

En plus de ça, je repars avec une pizza pour le soir. Et je vous quitte maintenant pour aller la manger !!!

Mais je ne peux pas m'empêcher de vous partager cette invitation de Jean-Paul II aux femmes :

"Vous devez réconcilier les hommes avec la vie."

Bonne méditation !

Anne-Marie

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Anne-Marie MICHEL Anne-Marie - dans Tennessee